Turqueries

•Oeuf, yogourt, tomate et autres propos culinaires

Publié dans Vie quotidienne

Bonjour, fidèles lecteurs de notre blog.  Vous êtes nombreux, si l'on en croit le compteur (à moins que ce ne soit toi, Pops, qui soit allé le visiter 75 fois...)  Continuez à inscrire des commentaires, c'est très agréable de vous lire (et cela force l'illustre rédactrice de ce blog à ne pas écrire n'importe quoi!)  Nos nouveaux articles seront publiés avec la régularité d'une horloge chaque vendredi (il faut bien se donner une discipline lorsqu'on ne travaille pas...)
Pour l'instant, nous nous contentons d'observations générales sur la vie quotidienne (nous ne sommes pas encore très sorteux).  Nous prévoyons cependant aller à Ankara cette semaine, et faire un peu de tourisme en Turquie vers la fin février.  Aussi, nos cours "intensifs" de turc commencent mardi.  Il y a donc quelques sujets d'articles en vue.
Pour les curieux, nous avons mis le lien vers le service météorologique d'Ankara et vers le Turkish Daily News (journal turc rédigé en anglais) sous le lien "Actualités turques".
 

 

 

Selon les plus fins gastronomes, les trois meilleures cuisines du monde seraient celles de la France, de la Chine et de la... Turquie. 

 

Si les cuisines française et chinoise doivent leur place à leur art de combiner textures, épices et saveurs, ce n’est pas là le secret de la cuisine turque.  La liste des ingrédients requis pour exécuter n’importe lequel de ses plats, de l’entrée au dessert, étonne toujours (« Ah bon, vraiment, il ne faut que cela? »); la description des étapes requises pour la préparation suscite même une certaine méfiance (« Ça ne peut tout de même pas être si simple »).  Le résultat n’est d’ailleurs pas probant :  de retour chez soi,  la çoban salata semble bien fade, la sis kebap déçoit, même le bulgur est raide, alors qu'il était si moelleux là-bas.  On se dit que la recette trouvée dans un livre ou sur internet n’est pas bonne.  On imagine qu’il manque un ingrédient bien spécifique, disponible seulement en Turquie, qui donnait à ces plats leur goût savoureux qu’on ne retrouve plus.  On a parfaitement raison.  Le secret de la cuisine turque, c’est la tomate turque.  L’oeuf turc.  Le yogourt turc.

 

Tomate turque

 

Au rayon des conserves, surprise de taille :  on ne trouve que de la pâte de tomate (et pas en petit format) ou de la sauce tomate.  Il y a bien quelques conserves des tomates entières ou en dés, mais elles se font rares, et leur prix est élevé.  Hein?  Les plats turcs abondent de tomates; où les prennent-ils?  Nous sommes en plein hiver.  La réponse se trouve dans le rayon des fruits et légumes :  il y a une abondance de tomates fraîches à prix ridicule (1,29$ le kg!)  En plus, elles ont l’aspect de nos tomates d’été (et le goût également!)  Elles sont cultivées en serre, dans la région d’Antalya (le long de la Méditerranée, où il fait plus chaud).  Nous avions remarqué ces installations lors de notre séjour là-bas il y a deux ans.

 

Voilà le mystère de l’absence de conserves de tomates éclairci :  pour un Turc, il doit être impensable de consommer une telle horreur.  Il n’y a que nous, pauvres êtres venus du froid, pour s’en contenter...  J’exécute donc toutes mes recettes avec des tomates fraîches (bien que je doive encore passer par-dessus mon conditionnement de Québécoise qui frémit à l'idée de jeter une belle et coûteuse tomate de serre dans une soupe!).  Toutefois, selon les Turcs à qui nous avons parlé, les tomates, à ce temps-ci de l’année, ne sont pas bonnes du tout...  Selon les mêmes sources, les meilleures tomates de la Turquie sont produites par un certain Tarik (prononcez Tareque),  prof du département d’économie qui a une maison de campagne.  Sébastien prévoit déjà en recueillir des graines pour sa prochaine production massive de plants de tomates...

 

Oeuf turc

 

Les oeufs en Turquie sont vendus par dizaines, et non par douzaines.  Leur prix est un peu plus élevé qu’au Canada.  Ils ont un aspect très... naturel, c’est-à-dire qu’il est clair qu’il s’agit de produits issus d’un derrière de poule (oui, oui, vous avez compris, un petit lavage de la coquille est parfois nécessaire!)  Une fois ouvert, une surprise de taille attend l’Occidental habitué aux jaunes d’oeuf... jaunes :  la découverte d’une belle sphère de l’exacte couleur d’une pelure d’orange.  Le goût va de pair avec l’intensification de la teinte.  Une bouchée d’omelette plus tard, on a droit à une grande révélation :  toutes ces recettes de grands-mères, issues du fond de la campagne, qui nous semblent si insipides avec leur absence d’épices... elles étaient faites avec de VRAIS oeufs!  Des oeufs pondus naturellement par des poules, au gré de leur cycle naturel, sans recours à des hormones ou autres antibiotiques.  Des oeufs pondus par des poules nourries au grain (ou aux insectes picossés dans la basse-cour).  Bref, des oeufs qui goûtaient quelque chose, auxquels on n’avait nul besoin d’ajouter quoique ce soit.  Quand on pense à tout ce qu’on fait avec des oeufs en cuisine... que de saveurs perdues!

 

 

Yogourt turc

 

On a beau savoir que le yogourt est un condiment de base dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient, la découverte des formats de yogourt offerts sur les tablettes du supermarché laisse pantois :  de 500g à... 9kg!!!  Incapable de résister à la double sollicitation de 1) ma compulsion à engranger de la nourriture comme un écureuil maniaque et de 2) mon attrait malsain pour les économies de bouts de chandelle, j’ai acheté le deuxième jour de mon arrivée un contenant de taille « moyenne » en promotion, soit de 2,5kg (un peu plus de trois fois notre format régulier).  La date de péremption indiquée nous laissait deux semaines pour en venir à bout.  Inutile de dire que Sébastien ne m’a pas épargnée de ses remarques ironiques, mais il a suffit d’un bol pour qu’il fasse amende honorable :  quand un yogourt est aussi bon, il est très facile d’en manger 2,5kg en... quatre jours.  En plus du goût, c’est la texture qui est incroyable :  à la fois ferme et onctueux, comme de la crème fouettée (mais avec 3,8% de gras plutôt que 35%!)  Rien à voir avec les yogourts « à la plasticine » (le qualificatif est de Sébastien) qu’on trouve chez nous.  Un filet de miel (de fleur de pin, très goûteux, savoureux aussi) suffit à le transformer en dessert spectaculaire.  Quant à son utilisation en cuisine... J’en ai pris une tasse pour faire ma recette de muffins-santé (peu de sucre et de gras), et ils se sont métamorphosés en succulentes petites pâtisseries, tels la citrouille du conte devenue carosse.

 

Bref, si vous souhaitez vraiment cuisiner à la turque, eh bien... il faut venir en Turquie!  Sinon, l’autre option (que Sébastien commence sérieusement à envisager), c’est...

a)  avoir une petite serre pour cultiver vos tomates (issues des graines que nous importerons)

b) vous monter une basse-cour, comme dans le bon vieux temps 

c) fabriquer vous-même votre yogourt (en utilisant de bonnes bactéries bien vieilles et ayant fait leurs preuves, pas un sachet de Yogourmet).

 

À défaut, vous pouvez quand même essayer cette recette de çorba (soupe) :  la mercimek çobasi (soupe aux lentilles).  Certains d’entre vous y ont déjà goûtée, et nous avaient demandé la recette.  La voici, la voilà.  Il s’agit de faire revenir un oignon au fond d’une poële, puis d’ajouter du bouillon de poulet et, une fois le point d’ébullition atteint, des lentilles rouges (en proportion équivalant à environ 4 tasses de liquide pour 1 tasse de lentilles, mais c’est au goût, selon la consistance souhaitée).  Une fois que les lentilles se sont décomposées (il faut environ 10 minutes) on ajoute ¼ tasse de couscous ou de bulgur très fin (si vous voulez manger la soupe en guise d’entrée et non de plat principal, vous pouvez omettre cette étape).  Le secret de la soupe réside dans l’ajout des deux ingrédients restants :  une grosse tomate fraîche coupée en cubes et une poignée de menthe fraîche ciselée.  Attendez cinq minutes, puis servez.  Rapide et savoureux.  Afiyet olsun!  (Bon appétit!)

 


Commentaires (5) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
Publié à 02:10, le 2/02/2007,
Mots clefs :

Qui suis-je ?

Récits et anecdotes de notre séjour d'un an à Bilkent Universitesi, Ankara, Turquie

«  Juillet 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031 

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis
Ecrivez-moi
Flux RSS

Liens amis

Météo Ankara
Actualités turques
Album photo
Carnets de voyage


Rubriques

Tourisme en Turquie
Vie quotidienne

Mes amis


Newsletter

Saisissez votre adresse email

Page 1 sur 2
Page précédente | Page suivante