Turqueries

•Ukraine: pour le meilleur et pour le pire

Annie: Nos expériences récentes nous ont permis de constater que l'équilibre parfait est difficile à atteindre lorsqu'il s'agit de doser le développement touristique d'un pays. Un endroit trop touristique implique:

  • des prix gonflés
  • l'omniprésence de vendeurs de cossins
  • l'édulcoration de la gastronomie locale (aux profits des snitzels et autres horreurs culinaires germaniques).

Par contre, un endroit pas assez touristique implique

  • des hotels hors de prix (pas de compétition)
  • les services coûteux d'agences de voyage locales pour se déplacer ou obtenir un visa
  • l'absence de mise en valeur du patrimoine culturel.

L'Ukraine nous semblait appartenir à la seconde catégorie. Nous avions envisagé y passer trois semaines l'an dernier, mais avions plutôt choisi la Roumanie en constatant la minceur du Lonely Planet - Ukraine.  Notre présomption s'est avérée assez justifiée:  il est extrêmement frustrant de visiter le musée de Chernobyl, situé en pleine capitale, et de n'y trouver que des explications en russe!  Est-il si coûteux de faire traduire en anglais quelques panneaux???

Enfin, si le pays ne nous semblait pas mériter un séjour de trois semaines, nous l'avions mis en priorité de nos destinations "courts séjours depuis la Turquie". Contrairement à la Russie et à d'autres pays de l'ex-URSS, aucun visa n'est requis pour les Canadiens. Une compagnie ukrainienne, MotorSichs, assure un vol direct Ankara-Kiev et il n'en fallait pas plus pour nous décider. De surcroît, un vol intérieur à 100$ aller-retour nous permettait d'aller passer deux nuits sur cinq dans une petite ville à la frontière de la Pologne, Lviv, qualifiée de "undiscovered and unpolished gem".

La découverte de l'avion de Motor Sichs nous a cependant laissés sceptiques et vaguement inquiets. Vraiment, cette ruine allait nous permettre de traverser sans encombres la Mer Noire???? Bon, passe encore pour le design intérieur des années soixante, les sièges défoncés et les ceintures de sécurité défecteuses, mais les pneus, n'est-ce pas important lors de l'atterissage? Or, ceux de notre appareil étaient usés "à la fesse"... Ils ont, fort heureusement, accompli leur boulot, de même que les 2675 autres pièces de l'avion. À l'aller comme au retour! Nous ne recommanderions cependant à personne de voler avec MotorSichs, à moins que la seule autre option disponible soit la nage.

Sébastien: Premier contact avec l'Ukraine: Lviv. Elle est effectivement non-découverte et non-polie. Les façades d'immeubles noircies par le charbon mériteraient un profond nettoyage, mais voilà néanmoins une petite ville tout à fait charmante.

 Ses sympathiques habitants confirment une théorie que nous avons élaborée au cours des dernières années: les peuples les plus accueillants sont les peubles de "vainqueurs". Les Ukrainiens de l'Ouest sont fiers de leur Révolution Orange et ça transparait dans leur façon de recevoir le tourisme. Jamais un hôtelier ou un restaurateur roumain ne nous a souhaité la bienvenue dans son pays. À Lviv, du barman de la terrasse à la demoiselle qui nous a apporté la clé de notre appartement, tous semblent heureux qu'on vienne s'intéresser à leur patelin. Comme Lviv se trouve tout près de la frontière polonaise, vous vous devez d'y faire un petit crochet, si vous passez par là.

Second contact avec l'Ukraine: Kiev. Cette fois, c'est le choc! La condition féminine dans les pays musulmans avait toujours refroidi les ardeurs d'Annie lorsqu'il était question d'aller y séjourner. Même en Syrie, où la religion n'occupe qu'une importance relativement mineure dans la vie de tous les jours, les diffultés qu'elle a rencontrées lorsqu'il s'agissait d'entrer en contact avec des locaux ont sérieusement affecté son niveau de satisfaction. Or, c'est dans un pays bien chrétien qu'elle aura eu son plus grand choc, car c'est bien de celà dont il s'agit...

Il est plus facile d'en décrire les symptomes que d'en identifier la cause: la mode est aux talons aiguilles. De 7 à 77 ans, dans les rues grossièrement pavées, les femmes chaussent des échasses dignes de tortures moyen-âgeuses. Pourquoi? Pour séduire les Ukrainiens alcooliques parfumés de robine? On peut en douter. Le vaste réseau d'agences de rencontre pointe vers une seconde hypothèse: pour se sortir de la misère, rien de mieux qu'un mari étranger qui sera, plus souvent qu'autrement, plus âgé d'une bonne décennie, voire deux. Est-ce que ces hommes recherchent des contortionnistes consommatrices chroniques d'ibuprofène? Ce n'est pas impossible, sans toutefois être très convaincant. Ces couples dépareillés, rencontrés sur la rue ou au restaurant, dérangent tout autant. La jeune femme sourit constamment et laisse échapper des "yes-yes" et "hum-hum" pendant que son partenaire raconte des banalités sur son travail ou autres sujets qui n'intéressent que lui-même. Iront-ils vivre heureux aux États-Unis pour avoir beaucoup d'enfants? Les statistiques sont contre eux: la plupart des Ukrainiennes veulent plutôt fonder un foyer en Ukraine, près de leur famille, un projet qui n'est souvent pas partagé. Plus simplement, et plus probablement, après tant d'années derrière le rideau de fer, elles tentent de reproduire l'image que projette le reste du monde moderne à travers les magazines de mode et les films hollywoodiens.

Annie: Tapez "russian brides kiev" sur Google et vous aurez immédiatement une idée de l'ampleur du phénomène: des centaines d'agences de rencontre sur le net "mettent en marché" ces jeunes femmes des pays de l'ancienne union soviétique. On y trouve un peu de tout: des arnaqueurs, des propriétaires bordels, mais aussi de bien réelles agences de rencontre matrimoniale où ces jeunes femmes cherchent le gros lot... Pourquoi les qualifier de "russian"? Parce qu'elles correspondent parfaitement au stéréotype de la beauté blonde parfaite à la peau blanche. La preuve? "Les femmes russes sont les plus belles femmes de la terre" m'affirmait catégoriquement un jeune turc rencontré à Istanbul. Je n'ai pas osé lui demander sur quels comparatifs il fondait son assertion... Mon séjour a donc été assombri par le spectacle de ce "marché", ainsi que par le climat social en général. Pas de misère apparente, pas de mendiants dans les rues. Mais la bière ne coûte que quelques sous; conséquemment, on trébuche sur les bouteilles de bière vides et une odeur d'urine nous assaille à tous les coins de rue.

Et malgré tout, Kiev est une ville très jolie, très agréable.  Une capitale à la fois dynamique et sereine.  Il doit faire bon vivre.

 

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Publié à 09:30, le 19/11/2007,
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Récits et anecdotes de notre séjour d'un an à Bilkent Universitesi, Ankara, Turquie

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